Le Bourgeois gentilhomme brille au cœur de l’œuvre de Molière d’une aura particulière. L’énoncé seul de ce titre suffit à déployer tout un festoiement d’humour, de brio, de drôleries et de fastes.
Pour une nouvelle fois divertir le roi et sa Cour, Molière se remet à la tâche et a recours à un genre très à la mode à cette époque : la "comédie-ballet" qui permettait aux princes d’assister au spectacle et d’y participer en se mêlant aux intermèdes.
Mais, dans la plupart de ces "comédies-ballets", les intermèdes de chants et de danses viennent s’intercaler entre les actes de façon souvent artificielle, et n’ont qu’un rapport assez lointain avec l’intrigue.
Or, l’idée géniale de Molière avec « Le Bourgeois gentilhomme » est d’imaginer une intrigue permettant au chant et à la danse de faire partie intégrante de la pièce, de se fondre harmonieusement dans l’évolution dramatique, et de ne jamais apparaître comme des pièces rapportées.
C’est pourquoi l’on peut presque parler ici de spectacle total, mêlant la Poésie, la Comédie, la Musique, le Chant et la Danse.
Cependant, la prouesse technique qu’accomplit Molière dans la construction de sa pièce ne doit pas en occulter la dimension hautement comique.
Là aussi, l’auteur, comme il a su mêler tous les arts, sait faire jouer tous les ressorts du rire.




